Plaidoyer pour la pérennité de la CBPQ

La CBPQ

La CBPQ est à la croisée des chemins

La CBPQ fait face à plusieurs défis majeurs qui menacent sa pérennité et qui ont amené la Corporation à réfléchir à son avenir et à son modèle de fonctionnement. Consultez les défis, les pistes de solutions et la recommandation du conseil d’administration.

Dans un même souffle, Joë Bouchard, bibliothécaire à l’Université Laval et membre du conseil d’administration de la CBPQ, a fait ce vibrant plaidoyer pour la pérennité de la Corporation lors de la 57e Assemblée générale tenue le 21 septembre dernier.

La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec est à la croisée des chemins, principalement parce que le soutien dont elle bénéficiait de ses membres s’est érodé et que son fonctionnement et son existence reposent maintenant sur la poignée de bibliothécaires qui composent son Conseil d’administration.

L’érosion du soutien des membres et le fonctionnement de la Corporation qui repose maintenant sur une poignée de bibliothécaires pourrait réalistement conduire à la disparition de l’organisme. Mais des questions se posent alors : à quoi ressemblerait le milieu québécois des bibliothèques et des sciences de l’information sans la CBPQ? Et est-ce que la disparition de la CBPQ causerait vraiment un problème aux bibliothécaires et aux bibliothèques québécoises? Pour répondre à ces questions, il faut s’attarder à ce qui fait de la Corporation un organisme unique.

Premièrement, il s’agit de la seule organisation québécoise constituée spécifiquement pour représenter la profession de bibliothécaire au Québec.

Elle n’est pas simplement une association professionnelle qui a été créée volontairement par son milieu: elle a été constituée en 1969 par une loi de l’Assemblée nationale qui lui donne un mandat et une assise institutionnelle unique dans le milieu documentaire québécois.

Elle est la seule association qui peut parler au nom des bibliothécaires indépendamment de leur milieu d’emploi. Elle peut donc représenter la profession elle-même, de manière transversale et à travers tous les secteurs. Cela lui procure un potentiel d’action et de rayonnement difficilement comparables.

Elle constitue une voix professionnelle unique dans les débats publics. Elle a pu prendre position à de nombreuses reprises pour défendre la profession de bibliothécaire dans la cité parce qu’elle est indépendante des employeurs et n’a de comptes à rendre qu’à ses membres.

Enfin, de manière constructive et responsable, la CBPQ rattache la défense de la profession à des responsabilités envers le public. Elle met de l’avant, aujourd’hui encore, une mission qui insiste sur l’accès à l’information, la liberté intellectuelle, la littératie, l’équité et le bien commun. Si vous êtes comme moi, ce sont des valeurs qui vous ont fait choisir la profession de bibliothécaire. Or, la défense de ces valeurs n’a probablement jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. 

Ainsi, pour répondre au questionnement initial : le milieu québécois des bibliothèques et des sciences de l’information continuerait bien sûr d’exister après la dissolution de la CBPQ. Les bibliothèques continueraient d’ouvrir leurs portes et les bibliothécaires de recevoir leur chèque de paye aux deux semaines.

Mais un grand vide apparaîtrait lorsque viendrait le moment de défendre et de faire reconnaître la profession de bibliothécaire elle-même, au-delà des milieux, et parfois, lorsque nécessaire, en opposition avec des positions prises par des employeurs influents. Ce serait aussi une certaine idée de notre profession et des valeurs qui la soutiennent qui s’en trouverait ébranlée. À la fin, la question qui se pose est donc peut-être moins de savoir si la CBPQ peut disparaître que de savoir si nous pouvons nous permettre de perdre la voix qu’elle donne à notre profession.

À la fin, la question qui se pose est donc peut-être moins de savoir si la CBPQ peut disparaître que de savoir si nous pouvons nous permettre de perdre la voix qu’elle donne à notre profession.